SIRHEN : la Cour des comptes égratigne le programme informatique de l’Education nationale

Le programme SIRHEN n’a pas grand-chose à voir avec les créatures sous-marines de nos contes. L’acronyme fait bien sûr référence au système d’information et de gestion des ressources humaines du ministère de l’Education nationale. Ce programme de rénovation informatique a été critiqué à de multiples reprises, et c’est aujourd’hui la Cour des comptes qui s’attaque au projet.

D’abord, en quoi consiste-t-il ?

Sur son site officiel, le programme SIRHEN se targue de « rénover et faire progresser les systèmes d’information de gestion des moyens et des personnels du ministère ». 

L’enjeu de ce projet, à terme, ça n’est ni plus ni moins que de « gérer le dossier administratif et financier des 1 100 000 agents du ministère ainsi que les moyens, c’est-à-dire la préparation de la rentrée scolaire », le tout en apportant « des améliorations en termes de normes de développement, d’exploitation informatique ». Cela passe par trois points essentiels : améliorer et dématérialiser les processus (déclarations d’impôts, feuilles de soin…), constituer un dossier unique pour chaque agent et mettre en place un portail agent pour faciliter les échanges.

Un objectif  de simplification des plus louables. Pour ce qui est de la concrétisation de ce programme, c’est une autre histoire…

Il faut dire qu’on a rarement vu un projet aussi mal chiffré : depuis 2008, l’estimation n’a pas doublé… elle n’a pas non plus triplé ou quadruplé… après deux réévaluations, le coût du programme SIRHEN est bel et bien 5 fois plus élevé que ce qu’avaient prévu les estimations initiales.

Lundi 6 mars, face à cette dérive interminable, la Cour des comptes a tiré le signal d’alarme. « La complexité du programme SIRHEN a été sous-estimée par le ministère », a déclaré la Cour des comptes dans son référé. Préparer la rentrée scolaire, payer ses 1,2 millions d’agents, gérer l’affectation des moyens, aligner « la gestion ministérielle sur le noyau commun […] pour être raccordé à l’opérateur national de paye », mettre en place des « fonctionnalités innovantes » (outils décisionnels, portail agent, dossier unique agent)… voilà quelques-unes des exigences qui caractérisent ce vaste programme informatique.

Le ministère de l’Education nationale aurait-il eu les yeux plus gros que le ventre ? En tout cas, les coûts sont faramineux et les délais loin d’être respectés. Originellement chiffré à 60 millions d’euros, c’est maintenant un coût de 320 millions d’euros qui nous est annoncé. Quant à l’aboutissement du projet, il était censé voir le jour en 2012.

Parallèlement à ces multiples reproches, la Cour des comptes pointe du doigt le manque de moyens engagés par le ministère pour mettre en œuvre le programme. « Le ministère a mis en place une équipe interne trop réduite et n’a pas établi un dispositif solide et transversal de suivi », déplore l’institution.

Mais pas de panique : à en croire le ministère, le projet devrait voir le jour en 2020. C’est la nouvelle estimation… pour le moment.

Auteur: lucas

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